Le Rwanda met en service, à compter du 14 juillet, les transferts de personne à personne (P2P) instantanés interopérables via eKash, sa plateforme nationale de paiement numérique. L’annonce a été faite le lundi 13 juillet par la Banque nationale du Rwanda (BNR), qui présente cette évolution comme une nouvelle étape dans le renforcement de l’écosystème national des paiements numériques.
Contrairement aux systèmes traditionnels, eKash n’est pas une application grand public. Il s’agit d’une infrastructure nationale qui relie les banques et les établissements de monnaie électronique au sein d’un même réseau. Les utilisateurs continueront d’utiliser leurs comptes bancaires ou leurs portefeuilles mobiles habituels, mais pourront désormais effectuer des transferts instantanés entre les différents fournisseurs, qu’il s’agisse d’opérations de banque à banque, de portefeuille à portefeuille ou entre banques et services de mobile money.
La Banque nationale du Rwanda a fixé un plafond de 10 millions de francs rwandais par transaction (environ 7000 dollars) et un tarif maximal de 20 francs rwandais par transfert, tout en laissant aux établissements financiers la possibilité d’appliquer des frais inférieurs, voire la gratuité. L’institution supervisera également la disponibilité du système, les performances des transactions, la protection des consommateurs et le traitement des réclamations.
Cette évolution intervient alors que le Rwanda affiche déjà l’un des niveaux d’inclusion financière les plus élevés du continent. Selon la Banque nationale du Rwanda, 96 % des adultes avaient accès à un service financier formel en 2024, contre 48 % en 2008, une progression largement portée par le mobile money. Les portefeuilles électroniques représentent désormais le principal point d’entrée dans le système financier : 68,5 % des adultes possèdent un portefeuille mobile, contre 5 % seulement disposant d’un compte bancaire traditionnel.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse le simple transfert d’argent. Le système vise à soutenir la transition vers une économie moins dépendante des espèces, améliorer l’accès aux services financiers numériques, renforcer la confiance dans les paiements électroniques et servir de socle au développement de nouveaux services financiers et administratifs numériques.