Technologie

L'Afrique peut-elle construire sa propre souveraineté numérique ?

L'Afrique peut-elle construire sa propre souveraineté numérique ?

L'Afrique accélère sa transformation numérique.

Intelligence artificielle, fintech, cloud, centres de données, cybersécurité : les investissements se multiplient et de nouveaux acteurs apparaissent.

Mais une question devient incontournable :

L'Afrique peut-elle réellement contrôler une partie de son avenir numérique ?

Le continent ne veut plus seulement être consommateur

Pendant longtemps, une grande partie des technologies utilisées en Afrique provenait de l'étranger.

Aujourd'hui, le continent voit émerger des startups, des développeurs, des fournisseurs cloud, des centres de données et des laboratoires de recherche.

L'objectif n'est pas nécessairement de tout construire localement.

Il s'agit plutôt de disposer de capacités stratégiques propres.

Le cloud est devenu un enjeu

Le débat au Nigeria illustre parfaitement cette question.

Le pays cherche à attirer davantage d'infrastructures cloud sur son territoire, alors que des entreprises locales développent également leurs propres alternatives.

L'IA ajoute une nouvelle dimension

L'intelligence artificielle augmente encore l'importance de cette question.

Un pays qui souhaite développer une économie de l'IA a besoin :

  • de données ;
  • de puissance de calcul ;
  • de centres de données ;
  • de réseaux ;
  • de chercheurs ;
  • de développeurs ;
  • de financement.

Les initiatives consacrées aux langues africaines montrent déjà que le continent commence à développer ses propres ressources pour l'IA. Les 26 projets de LINGUA Africa couvrent plus de 50 langues et dialectes africains.

Les compétences sont aussi importantes que les infrastructures

La souveraineté numérique ne consiste pas uniquement à posséder des serveurs.

Il faut également disposer de personnes capables de concevoir, administrer, sécuriser et faire évoluer ces infrastructures.

C'est pourquoi les programmes de formation et d'accompagnement des startups deviennent aussi importants que les investissements matériels.

La cybersécurité, le dernier pilier

Une infrastructure numérique que l'on ne sait pas protéger reste vulnérable.

Le Sénégal travaille actuellement à renforcer la protection de ses infrastructures critiques et sa sécurité numérique.

Cette évolution montre que les États africains commencent à considérer la cybersécurité comme une composante de leur souveraineté.

Le regard d'EDJARE

La souveraineté numérique africaine ne signifie pas que le continent doit se couper du reste du monde.

Au contraire.

Les partenariats avec Google, Microsoft, Amazon et d'autres acteurs internationaux continueront d'être importants.

Mais l'enjeu est de faire en sorte que ces partenariats contribuent également à développer les compétences, les infrastructures, les entreprises et les technologies africaines.

L'Afrique possède un immense marché, une population jeune et un écosystème entrepreneurial en pleine croissance.