Technologie

Nigeria : pourquoi le pays veut renforcer ses infrastructures cloud locales

Nigeria : pourquoi le pays veut renforcer ses infrastructures cloud locales

Le Nigeria veut réduire sa dépendance aux infrastructures cloud étrangères.

Le pays pousse notamment les grands acteurs internationaux du cloud — Microsoft, Google et Amazon — à développer davantage leurs infrastructures localement, alors que l'utilisation des services cloud continue de progresser. Selon des données rapportées récemment, plus de 85 % des workloads nigérians fonctionnent sur des clouds publics.

Le cloud devient une infrastructure stratégique

Pour une entreprise moderne, le cloud permet de stocker des données, héberger des applications, effectuer des calculs et déployer rapidement des services numériques.

Mais lorsque l'essentiel de cette infrastructure se trouve à l'étranger, plusieurs questions apparaissent :

Où sont stockées les données ? Qui contrôle l'infrastructure ? Et quelle valeur économique reste dans le pays ?

La souveraineté numérique entre en jeu

Le Nigeria cherche donc à renforcer ses capacités locales.

Cette stratégie intervient alors que le pays dispose déjà d'un écosystème de fournisseurs cloud locaux capables de proposer des alternatives aux grands acteurs internationaux.

Les entreprises locales peuvent notamment offrir des solutions permettant de conserver certaines données dans le pays et de réduire l'exposition aux fluctuations des paiements en devises étrangères.

Un enjeu particulièrement important avec l'IA

La question devient encore plus stratégique avec l'explosion de l'intelligence artificielle.

Les applications d'IA nécessitent énormément de puissance informatique, de stockage et de données.

Le développement de centres de données locaux pourrait donc devenir un élément déterminant pour permettre aux entreprises africaines de développer leurs propres solutions d'IA.

Mais l'électricité reste un défi

Construire des centres de données ne suffit pas.

Ces infrastructures consomment énormément d'énergie et nécessitent une alimentation électrique stable.

Le Nigeria fait justement face à cet enjeu alors que son marché des centres de données devrait continuer à croître sous l'effet de l'IA et de la demande numérique.

Le regard d'EDJARE

La bataille du numérique africain ne se déroulera pas uniquement sur les applications visibles par les utilisateurs.

Elle se joue également dans les infrastructures invisibles : centres de données, câbles, réseaux, cloud et énergie.

Le Nigeria semble l'avoir compris.

La question n'est donc plus seulement de savoir quelles entreprises africaines vont utiliser le cloud, mais aussi quelle part de l'infrastructure numérique de demain l'Afrique sera capable de contrôler elle-même.