L'intelligence artificielle parle de plus en plus de langues. Mais une grande partie des langues africaines reste encore insuffisamment représentée dans les technologies numériques.
Une nouvelle initiative veut contribuer à changer cette situation.
Le programme LINGUA Africa, porté notamment par le Masakhane African Languages Hub, Microsoft AI for Good Lab, la Gates Foundation et Google.org, a sélectionné 26 projets consacrés aux langues africaines. Ensemble, ces projets couvrent plus de 50 langues, dialectes et langues des signes, parlés par plus de 500 millions de personnes dans 47 pays africains.
Pourquoi les langues africaines sont-elles importantes pour l'IA ?
Les modèles d'intelligence artificielle sont fortement dépendants des données utilisées pour leur apprentissage.
Lorsqu'une langue est peu représentée dans les données numériques, les outils d'IA peuvent être moins performants pour cette langue.
Le problème concerne notamment la reconnaissance vocale, la traduction automatique, les assistants numériques et les outils éducatifs.
Des projets dans plusieurs secteurs
Les projets sélectionnés ne se limitent pas à la traduction.
Ils concernent notamment des applications dans la santé, l'agriculture, la justice, l'éducation et les services publics.
L'objectif est donc de construire des ressources linguistiques et des technologies pouvant avoir une utilité concrète pour les populations.
Une autre manière de penser l'IA africaine
L'initiative pose une question importante : si les Africains utilisent de plus en plus l'intelligence artificielle, les technologies doivent-elles également être capables de comprendre les réalités linguistiques du continent ?
La réponse semble de plus en plus être oui.
Des initiatives comme LINGUA Africa cherchent précisément à permettre aux communautés africaines de participer à la construction des données et des outils linguistiques utilisés par l'IA.
Le regard d'EDJARE
L'avenir de l'IA en Afrique ne se résume pas au nombre de startups qui utilisent ChatGPT ou développent des applications.
Il dépend aussi de la capacité du continent à construire ses propres ressources numériques.
Les langues africaines constituent une partie essentielle de ces ressources.
Si les 26 projets sélectionnés par LINGUA Africa parviennent à produire des données, modèles et applications réutilisables, ils pourraient contribuer à rendre l'intelligence artificielle beaucoup plus inclusive sur le continent.